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Sécurité routière: qui désinforme qui ?

Publié le 7 juillet 2014 par ACDA

Mensonge et sécurité routière

 

Il est quasi-systématique que les pourfendeurs de l’ultra-sécurité routière et leurs « experts » érigent désormais en contre-argument la désinformation orchestrée de leurs opposants.

Si vous contestez les causes de l’accidentalité ou encore les effets d’une mesure restrictive annoncée, vous désinformez à défaut d’être un ignorant !

Vous ne pensez comme eux : voilà l’expression d’une désinformation.

Pourtant, l’orchestration de la désinformation ne se trouve pas là.

Voici deux exemples.

1.      La théorie : « 1 km/h en moins = 4 % de morts en moins » ?

A lire les discours et autres rapports d’Etat, il « communément admis »  ou « tous les experts s'accordent  à dire » que la baisse de la vitesse entraîne mathématiquement telle une formule Pythagorienne une baisse du nombre de décès sur les routes.

Le Conseil National de la Sécurité Routière par la voix de sa commission « alcool-stupéfiants-vitesse » présidée par Monsieur Philippe Lauwick (de l'Automobile club médical de France) reprend lui aussi à son compte ce qui est présentée comme une démonstration incontestable pour aborder une réflexion sur l’abaissement de la vitesse, et notamment sur autoroute où le nombre de tués est le plus faible ! Suffit-il alors de baisser la vitesse pour réduire le nombre de morts sur la route ?

Quelle étude officielle ? Quelles données ? Que vaut cette assertion ? Qui a vérifié la validité de cette formule ?

Cette formule présentée tant comme universelle qu’irrécusable provient de l’étude de Nilsson

En constatant une baisse de 44 % de la mortalité sur la route et une baisse de 11 km/h de la vitesse moyenne de circulation sur 10 ans (2002-2012), il n’en fallait pas plus pour que les pourfendeurs de la vitesse décrètent  la « loi de Nilsson » comme une loi divine.

Depuis et jusqu’à maintenant, la formule a été imposée à tous, et notamment les décideurs publics, comme un dogme car il est « communément admis » qu'elle était vraie. Force est de constater pourtant que la sécurité routière n'est pas une science et ne répond à aucune règle mathématique. Toutefois, si une vérité doit être posée c’est bien celle qui consiste à reconnaitre que deux corps en mouvements ont statistiquement plus de risque de se percuter que s'ils demeurent immobiles.

Sur ce seul point, la vitesse est statistiquement plus dangereuse bien que l'immobilisme peut se révéler, dans certains cas, tout aussi redoutable. Imposée et justifiée une réduction de la vitesse fondée aveuglement sur une règle qui n’en est pas une procède de l’escroquerie intellectuelle.

D’aucuns diraient que les chiffres sont comme les gens, si on les torture assez, on peut leurs faire dire n'importe quoi. Mais peut-on objectivement et raisonnablement penser que la baisse de la vitesse a une incidence automatique car mathématique sur le nombre de décès ? Si tel était le cas, a contrario, l'augmentation de la vitesse aurait inévitablement un effet inverse. Une loi de la sécurité routière décrétée comme scientifique l'est nécessairement dans les deux sens.

« 1 km/h en moins = 4 % de morts en moins » = « 25 km/h en moins = 0 morts sur les routes » ! et au-delà de 25 km/h en moins ?

Appliquée mathématiquement, il suffirait alors de réduire la vitesse de 25 km/h pour qu'il n'y ait plus aucun mort sur les routes de France et de plus encore pour ressusciter les morts.

Plus préoccupant encore, les chiffres de la sécurité routière démontrent par eux-mêmes que cette formule a été extraite sur une période donnée pour être révélée. Les chiffres de l'Observatoire national interministériel de sécurité routière contredisent ladite formule.

Affirmer que l’abaissement de la vitesse a nécessairement et mathématiquement un effet sur le nombre de tués, est un mensonge.

2.      Les marges de « tolérance »

Automobiliste, soyez rassuré, l’administration est bienveillante à votre endroit.

Elle applique une « tolérance » sur les contrôles de vitesse et sur les contrôles d’alcoolémie.

Ainsi, ces associations de lutte contre la violence routière, vous martèlent que si vous êtes flashé à 51 km/h, vous rouliez en réalité à 56 km/h.

Première difficulté, il ne s’agit absolument pas d’une marge « de tolérance » mais bien d’une marge « d’erreur » :

-       Article 5 du décret 4 juin 2009 relatif aux cinémomètres de contrôle routier précise « les erreurs maximales tolérées applicables aux instruments neufs ou réparés sont … »

Ainsi, le radar fixe peut se tromper de 5 km/h pour toute vitesse inférieure à 100 km/h.

Si le PV mentionne une vitesse relevée de 56 km/h, vous étiez soit à 51, 52, 53, 54, 55 ou 56 km/h.

Affirmer que vous étiez nécessairement à 56km/h est un mensonge !

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